Covid-19 : les questions à ne pas poser !

Avec l’épidémie de covid (CoronaVirus Disease), non voulue par l’être humain, et ses conséquences, entièrement décidées par lui, on est en droit, on plutôt en devoir de se demander : les décisions humaines sont-elles dictées par la raison, le bon sens (c’est-à-dire le sens des réalités), la sérénité et la compassion, où par la peur, et peut-être d’autres motivations encore moins louables s’il s’agit de prendre des décisions dans l’intérêt de tous.

Peut-on encore poser les questions essentielles, celles que nos ancêtres (au moins certains d’entre eux) auraient jugées normales, celles qu’un enfant de 10 ans pourrait comprendre ? Ou en sommes-nous arrivés au point de ne plus pouvoir admettre comme vérité ce que nos dirigeants nous disent, aidés de leurs experts soigneusement triés et des médias de masse aux ordres de leurs propriétaires et en quête d’audience ?
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Des questions simples

La première est une question qui s’adresse au monde politique, à ceux qui dirigent. OK, au début de l’épidémie, nul ne savait à quoi nous avions affaire, et le spectre d’une épidémie par un virus hautement contagieux et hautement mortel avait bien sûr de quoi alarmer. Aujourd’hui, de nombreuses questions précises restent en suspens sur cette épidémie et sur le virus, mais nous en savons un peu plus. Ce virus n’est pas des plus contagieux. Il n’est pas des plus mortels. Pour l’essentiel, il est plus contagieux que la grippe. Pas beaucoup plus. La mortalité liée au virus semble de mieux en mieux établie : des personnes âgées, souvent très âgées, ou bien des personnes atteintes déjà de maladies souvent graves et affaiblies, ou des personnes de santé fragile, présentant déjà des insuffisances cardiaques, respiratoires ou immunitaires. N’est-ce rien ? Bien sûr que ce n’est pas rien ! Est-ce l’épidémie qui va décimer l’humanité ? On en est bien loin, et de ce que l’on peut déjà entrevoir, la mortalité liée à cette épidémie pourrait être plus faible que celle que nous avons chaque année, sans nous inquiéter le moins du monde, avec la grippe et la pneumonie, lesquelles touchent largement les mêmes personnes, âgées ou affaiblies.

Un demi-million de morts, alors que nous avons des vaccins et des traitements contre la grippe ! Il est évident que si nous ne prenons pas les mesures de confinements qui se généralisent dans le monde, les chiffres de l’épidémie de covid seront bien plus élevés qu’avec ces mesures. Est-ce que si je peux éviter à des personnes âgées et affaiblies de quitter notre monde, j’en suis content ? Bien sûr ! Est-ce que si je peux y contribuer, je suis partant ? Bien sûr !

Mais si pour sauver une personne en fin de vie, je dois sacrifier la vie de plusieurs autres, voire de nombreuses personnes, qui elles ont la vie devant elles, alors je vais commencer à réfléchir aux conséquences de mes actions et aux soit-disant bons principes qui les motivent. Il doit y avoir alors un sacré défaut dans ma logique ou dans mes valeurs. Sauf si bien sûr j’ai l’assurance de passer au travers la crise économique que je vais engendrer sans trop de problème et sans trop d’état d’âme pour les milliards de gens qui eux la subiront de plein. Là ma logique n’est pas faussée, elle est égoïste et dangereuse.

Nos dirigeants politiques qui prennent ces décisions et nous imposent notre conduite savent 2 choses, dont évidemment ils ne nous parleront jamais :

  1. ils ont bradé depuis longtemps notre système public de santé, ils n’en ont pas contrôlé le bon fonctionnement, encouragé par leur politique et surtout leur budget de multiples économies que nous payons aujourd’hui (masques, gels hydroalcooliques, équipements, personnels), ils cédé au privé le contrôle de la santé, c’est-à-dire sa commercialisation, avec les conséquences que nous connaissons (qui ont bien sûr toutes d’autres causes conjointes) : les principaux effets sont sans nulle doute l’incroyable désorganisation et dégradation des soins d’urgence, et l’absence de toute organisation locale, nationale ou internationale pour faire face à ces problèmes d’épidémie ; eh oui, ce qui va dans le sens de l’intérêt général ne va pas dans celui des intérêts privés qui gèrent maintenant notre système de santé
  2. ils ont contribué à bâtir une société des plus fragiles, des moins « résilientes » qui soient, pour employer un mot à la mode. Et là encore c’est en laissant le privé, en particulier les grandes entreprises mondiales et les grandes banques décider de comment les sociétés devaient être organisées en vue de maximiser leurs profits ; et maintenant, certains médias, voire certains dirigeants, commencent à en parler : le problème de la circulation rapide et intense des personnes et des marchandises sur toute la planète, la délocalisation du travail, la dépendance vis-à-vis d’un petit nombre de gros fournisseurs pour des choses essentielles (parfois d’un seul !). C’est bien. Mais moi qui ne suis pas expert démographe, économiste, sociologue, politologue, cela fait 40 ans que je m’inquiète de cela et que j’en parle (je ne suis bien sûr pas le seul à avoir les yeux ouverts, je peux même remercier ceux qui m’ont aidé à les ouvrir), et que je passe pour un alarmiste, quelqu’un qui n’a rien compris au progrès.

Eh oui, le merdier dans lequel nous sommes aujourd’hui est la conséquence directe d’une logique de décision aveugle, juste concernée par la réduction des dépenses publiques et surtout l’accroissement perpétuel des profits privés, insensible à tous le reste des conséquences, pour la planète, pour la vie, pour les êtres humains.

Et je vais dire pire. Et là encore, n’importe qui peut comprendre, si sa vision n’est pas obscurcie par des années de gavage médiatique et de bourrage de crâne idéologique.

Même si nous faisions machine arrière en matière de santé… Ce que nous ne ferons sûrement pas : aucun homme politique n’aura les couilles pour reprendre au privé ce qui lui a été donné, et pour qu’un homme politique puisse décider de quoi que ce soit, encore faudrait-il que son Etat ne soit pas en faillite : or, les Etats de nos pays développés sont dans une faillite inimaginable, endettés plus qu’ils ne pourront jamais rembourser, simplement maintenu dans une illusion de pouvoir par la volonté des banques et la complicité des agences de notation économique. Nos Etats n’ont plus les moyens, à moins d’une annulation de leur dette, d’imposer quoi que ce soit au privé et encore moins de leur reprendre quelque chose qui appartient désormais au privé. Bref, à moins d’une prise de conscience commune et mondiale des vrais décideurs qui dictent aux Etats quoi faire, n’espérons pas trop voir nos dirigeants locaux faire machine arrière.

Même si donc nous faisions machine arrière en matière de santé, et parvenions à rétablir une organisation médicale saine, efficace, contrôlée par les Etats dans l’intérêt des populations, jusqu’à quel degré ce système sera-t-il efficace ? Contre quel ennemi ? Car soyons clair, le virus qui nous tombe dessus, c’est un moins que rien, un minus, un dégénéré. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’un dégénéré porte une couronne, mais passons. Imaginons maintenant un vrai scénario, avec un vrai ennemi. Une vraie maladie, sournoise, virulente, contagieuse et létale à un degré sans comparaison avec le covid. Désolé, aucun système de santé, j’en ai peur, ne sera jamais capable de faire face à cela. Quelles que soient les capacités d’accueil, quel que soient le nombre, la qualité et l’efficacité des soignants, quelles que soient les ressources pour soigner, les médecins le savent, et le redoutent : il y aura toujours un ennemi plus fort, en particulier les fièvres hémorragiques, mais il est bien d’autres maladies graves. Pensons simplement au dégel du permafrost, qui promet de réveiller de nombreux virus inconnus contre lesquels, n’y étant pas confrontés, nous ne sommes pas prémunis. Et même des virus bien connus : la Finlande redoute rien moins que du dégel des sols, des anciens cimetière, ne revienne le virus de la grippe espagnole.

Autrement dit, rendre notre système de santé plus efficace, OK mais jusqu’où, pour lutter contre quoi ? A quel prix ? Que nous allons payer comment ? Nous sommes en faillite, l’argent, c’est justement ce qui nous manque, il ne peut à la fois finir dans la poche des quelques individus les plus riches de la planète et servir le bien commun des peuples. Et même en prenant aux riches pour donner aux êtres humains, la même question se posera : jusqu’où ? Car l’argent que l’on investit dans la santé, on ne l’investira pas dans l’éducation, la solidarité, les travaux publics…

Devant l’avalanche d’épidémies annoncées par les experts, nous ne pouvons, quels que soit les fortunes et les efforts investis, bâtir un système de santé qui résiste à tout et permette à nos sociétés de tenir économiquement. C’est tout simplement impossible, il y aura toujours une épidémie qui aura des effets dévastateurs, et sur la santé et sur l’économie, et qui provoquera donc l’effondrement de notre système.

Par contre, nous pouvons changer notre système de façon à le rendre un peu plus solide, ce n’est pas difficile, il suffit de faire le contraire de ce que nous faisons depuis quelques siècles, et nous pouvons arrêter d’encourager toutes les causes possibles d’épidémies, que j’ai évoquées rapidement, et là encore, il suffit de faire le contraire de ce que nous faisons depuis longtemps. Respecter la planète, respecter la vie, respecter les êtres humains, accepter de prendre conscience de sa part de responsabilité, traiter le problème démographique de façon humaine et pacifique avant que ce soit la nature qui nous rappelle à l’ordre et les conflits humains qui se multiplient.

Soyons clair, il nous faut un meilleur système de santé, à tout point de vue, et en particulier un système capable de gérer au mieux une crise sanitaire de ce genre. Mais ce ne sera jamais que « au mieux ». Il ne faut pas attendre la perfection ou le miracle. La solution ne viendra pas du système de santé, pas principalement, pas avec la dangerosité possible de certaines maladies. La solution viendra de notre système social, et au cœur de celui-ci, dans nos principes économiques.

Cela veut dire que nous devons cesser d’avoir peur comme nous l’avons dans nos sociétés contemporaines, peur de la souffrance, peur de la maladie, peur de la mort, et de laisser cette peur motiver des fantasmes infantiles de sécurité et de contrôle. Nous ne contrôlerons rien, nous ne seront jamais en sécurité totale. Par contre, nous pouvons changer de mentalité, accepter souffrance, maladie et mort comme inhérentes à la vie, et au lieu de « psychoter », nous demander posément ce que nous pouvons faire pour les réduire le plus possible avec les moyens dont nous disposons, et pour agir sur les causes des problèmes et pas sur leurs conséquences, car là nous savons que nous pouvons agir, et que ce sont nos actions qui ont largement engendrés ces conséquences et les engendreront plus encore à l’avenir.
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Tuer des millions pour sauver des milliers !

J’ai peur qu’aujourd’hui, nos dirigeants, soit sont dans l’ignorance de notre situation économique réelle (peut-être dans le déni, mais alors quel déni), soit ils ne nous disent pas tout de ce qu’il les fait décider.

A la lumière de ce que nous savons aujourd’hui, notamment des chiffres de l’OMS, la grippe saisonnière tue un demi-million de personnes par an dans le monde. Le covid pourrait n’en tuer que quelques milliers, voire dizaines de milliers. OK, ceci est dû en partie aux décisions de confinement, sans quoi les chiffres pourraient être différents, et le covid pourrait s’avérer… aussi dangereux que la grippe, voire que les grippes de sa mauvaises années. Ah là c’est grave, une maladie aussi dangereuse pour l’humanité que la grippe, il faut absolument faire quelque chose, c’est insupportable !

Et que fait-on ? Avant de parler de ce que l’on fait, parlons de ce que l’on sait. Nos économies occidentales sont au bord du précipice. Les experts attendaient tous, AVANT TOUTE ANNONCE DE L’EPIDEMIE, une crise qui serait sûrement plus grave que celle de 2008, et les moins alignés d’entre eux en redoutaient une bien pire que celle de 1929 ! Dans nos Universités françaises, pourtant pas réputées ces dernières années pour leur anarchisme ou leur altermondialisme, est même apparue une discipline, la « collapsologie », qui depuis quelques années étudie comment nos sociétés occidentales vont s’effondrer. Pas trembler, éternuer, péter un coup pour soulager, non : s’effondrer. Chaos, famine, conflits civils… font partie de leurs scénarios attendus. Nos hommes politiques savent parfaitement quelle est notre situation économique, combien elle est préoccupante, combien nos économies sont fragiles. Ce n’est pas aujourd’hui que nos hommes politiques découvrent toutes les dépendances de notre économie, qu’il s’agisse de la dépendance vis-à-vis de la Chine, des banques… Ces gens-là ont paraît-il fait des études, ils ont fait l’ENA, Science Politique, des écoles d’économie, de commerce, d’administration, ils savent tout cela, même si à l’occasion de notre crise économique naissante, il font mine de le découvrir. « Ah oui, c’est vrai, notre système est peut-être un rien fragile ! » En fait ils le savent très bien, et depuis longtemps. Mais ils ont choisi la politique de l’autruche, ou plutôt celle des 3 singes : se masquer les yeux, se boucher les oreilles, et surtout se faire, ne pas en parler aux électeurs, cela pourrait leur faire peur et les dissuader de voter pour eux.

A la limite, cette crise économique déclenchée par l’épidémie est une aubaine : cela évite que la crise prochaine et attendue soit due une fois de plus à la sphère financière, avec alors une fois de plus le discrédit sur elle, et un discrédit tel qu’elle ne pourra s’en sortir comme dans les crises précédentes. Alors qu’avec le covid-19 (et un peu d’aide des dirigeants politiques et des médias de masse), la finance pourra peut-être apparaître comme celle qui sauve le système, par ses décisions magnanimes. Au lieu d’apparaître comme le principal coupable qu’elle est, elle passera pour le principal sauveteur. Le pyromane salué comme le pompier, qui pourra après l’incendie retourner à son hobby et préparer le prochain. Merci qui ? Merci le coronavirus !

Parenthèse

En toute connaissance de cause, nos hommes politiques prennent des décisions, et bien évidemment la principale qui est le confinement, alors qu’ils savent les effets dévastateurs que cela pourra avoir sur l’économie. Pas sur l’économie d’une entreprise. Pas celle d’une région. Pas celle d’un pays. Sur l’économie d’une très large partie du monde. Ils se doutent que l’impact va être énorme, peut-être même au-delà de ce que notre système est capable d’encaisser, avec des conséquences que plus aucun dirigeant ne sera capable de maîtriser.

Ou peut-être n’ont-ils pas sur les capacités de notre système à réagir les idées très claires…

Ils ont tellement fait allégeance à ce système qui les met en place et les y maintient, ils imaginent sans doute qu’il va trouver une solution à tout, comme le général George Marshall proposant son plan en 1947 pour permettre aux Etats-Unis d’acquérir la main mise sur l’Europe de l’Ouest en l’échange d’une aide financière pour leur rétablissement économique. Les grandes banques trouveront toujours une solution pour sauvegarder leur système, c’est leur credo. Ils sont tellement issus de cette caste de technocrates convaincue que, parce que depuis plus d’un siècle, science et technologie ont sans cesse progressé pour fournir aux êtres humains des solutions même aux problèmes qu’ils n’avaient pas, qu’il en sera toujours ainsi. Un laboratoire sortira toujours le traitement ou le vaccin miracle.

Donc pas besoin de changer le système. La solution arrivera toujours, soit du système financier et industriel, soit des sciences et des techniques. On peut donc continuer, et on peut même tabler sur sa capacité à encaisser les coups.

Je préfère penser que nos dirigeants ont cette vision naïve du système, plutôt que de penser qu’ils savent à quel point nos économies vont être impactées. Qu’ils savent combien de dizaines, voire centaines, voire milliers de millions d’être humains vont devoir porter le poids de leurs décisions, au point de se retrouver sans emploi, sans ressource, dans l’impossibilité de vivre décemment et peut-être même de survivre. Qu’ils savent donc toutes les souffrances, toutes les maladies, toutes les morts que leurs décisions vont provoquer, bien supérieures aux conséquence de l’épidémie, mais celles-là invisibles (du moment qu’on n’en parle pas, qu’on ne regarde pas), et non comptabilisables, puisque c’est pour plus tard et cela échappe aux systèmes prévisionnels.

Mais le problème est bien là. Regardons nos économies en face. Elles sont malades, moribondes presque. Elles sont maintenues dans une illusion de bonne santé par des mécanismes financiers artificiels et non durables. La Grèce, puis le Portugal, l’Espagne, l’Irlande, peuvent maintenant en témoigner. Nos économies ne sont pas résistantes, pas « résilientes », elles sont d’une fragilité extrême. Au point où nous en sommes arrivés, une petite épidémie (demandez aux médecins ce que peut être une épidémie grave, et là vous aurez votre scénario de film catastrophe !), ou plus exactement les mesures que l’on prend suite à cette épidémie, ont toutes les chances de faire bien plus de dégâts que l’épidémie elle-même.
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Quelles motivations ?

Les motivations que je vois derrière tout cela ne sont pas de celles qui inspirent les bonnes décisions : la peur et l’ambition. La peur de l’épidémie, de la maladie bien sûr, que beaucoup ressentent. Dans mon travail, dans mon voisinage, j’ai constaté combien les personnes pouvaient « psychoter ». J’ai vu un collègue passer en survoltage et changer de timbre de voix pendant les quelques journées précédant le confinement. J’ai vu une jeune habitante reculer comme si elle avait vu le diable parce que quelqu’un sortait de la boutique dans laquelle elle allait rentrer. J’imagine que cette peur, largement attisée par les médias, n’est pas l’apanage du « bas peuple », et qu’elle est également ressentie par nos élites. Elles qui sont si protégées de tout, qui ont droit aux meilleurs traitements, aux meilleurs médecins, aux meilleurs hôpitaux, qui ont l’habitude plus que le reste de la population d’échapper à la souffrance physique (et vu l’âge avancé de certains de ses membres influents, 51 ans en moyenne pour les députés, 61 pour les sénateurs), j’imagine que la rencontre avec le coronavirus n’est pas souhaitée.

Mais soyons clairs : la peur des individus n’a jamais été ce qui fait prendre des décisions éclairées. La peur est une réaction primaire qui dans les situations de la vie ordinaire nous fait adopter des comportements instinctifs qui, statistiquement, nous sauvent la mise : éviter la voiture qui nous fonce dessus, s’éloigner du massif de fleurs autour duquel tourne un frelon… Mais on ne fait pas de la peur un guide pour décider de ce qui impacte l’humanité. La compassion si. La compassion est le seul sentiment qui permette de faire les meilleurs choix dans l’intérêt de tous.

La seconde motivation que je vois derrière cela est de plus en plus commune dans le monde politique : l’ambition. Un homme politique vise le pouvoir, et une fois au pouvoir, il vise à en avoir encore davantage, au minimum à y rester En l’occurrence, pour donner aux peuples l’illusion qu’on mérite le pouvoir, il faut agir. Même si ce n’est que gesticulation. Surtout si les autres hommes politiques ont commencé à gesticuler eux aussi, il ne faut pas donner l’impression d’être hésitant, inactif. Il faut rassurer l’électorat, qui lui-même est peureux, par des décisions et des mesures, même si elles ne sont pas appropriées, même si le remède est pire quel le mal. Et il est bien plus rassurant qu’un homme politique dise « Nous allons prendre les choses en main, mettre en œuvre des mesures strictes, et au final maîtriser l’épidémie », plutôt que de dire « C’est une épidémie, pas inoffensive, mais pas très grave, et nous préférons affronter le problème au risque de quelques milliers de morts parmi les personnes faibles ou âgées, plutôt que de mettre l’économie mondiale à genoux et déclencher une crise planétaire qui fera bien plus de mal à des milliards de gens »? Et ce serait avouer la fragilité de notre économie, alors qu’on se donne tant de mal depuis si longtemps pour le cacher à la population ! A la décharge de nos dirigeants, au début, on ne savait pas à quoi s’en tenir avec le covid. Par contre, on savait à quoi s’en tenir avec la fragilité de notre système économique (son manque de « résilience »), et on a maintenant une idée plus précise du covid, qui n’a vraiment rien à voir avec l’ebola.

Il est bien sûr d’autres motivations que j’entrevois, mais en attendant d’avoir les idées plus claires et des arguments plus parlant, je laisse aux conspirationnistes le soin de gloser là-dessus.

Ce qui est certain, c’est que dans l’histoire de l’humanité, cet évènement est une première, du jamais vu, du jamais imaginé (en tout cas pas par ceux qui l’auraient dû), et pour l’essentiel de l’imprévisible. Cela va donc représenter, pour beaucoup d’acteurs politiques, économiques et financier, un test, un test crucial, une expérience critique, qui va apprendre à la fois comment le système peut réagir, mais comment les populations peuvent réagir.

Pour certains, cette crise est plus qu’un test pour apprendre, c’est une opportunité. Dans le chaos économique et social qui résulte déjà des mesures prises, et qui n’en est qu’au tout début, un certain nombre d’acteurs financiers, économiques, politiques, sont déjà aux aguets pour placer leur billes et tirer parti de tout cela, faire passer les changements qu’ils souhaitent et ne pourraient passer sans le prétexte de la crise économique. On pense bien sûr aux laboratoires de biochimie-médecine-pharmacologie, aux financiers (n’oublions pas que certains parviennent à gagner de l’argent en pariant sur des régressions ou des faillites, d’autres à accroître leurs pouvoirs en rachetant des dettes publiques ou privées, et qu’évidemment les banques ne sont jamais aussi puissantes que lorsque les Etats et les entreprises privées ont besoin d’aide…), mais n’oublions pas d’autres acteurs comme les Etats eux-mêmes, qui peuvent profiter de cet évènement comme ils ont profité des attentats du 11 septembre pour mettre en place des mesures d’exception pour contrôler les populations, mesures provisoires vite devenues le fonctionnement normal (c’était voulu, les évènements n’étaient que l’occasion d’y parvenir). En Europe, région du monde la plus ouverte (certaines mauvaises langues parlent de « passoire »), l’épidémie provoque maintenant une fermeture complète des frontières et un contrôle massif des populations. Toute crise permet aux dirigeants de faire passer les mesures qu’ils souhaitent et qui seraient bien sûr refusés par les populations dans un contexte normal.

Et ma parenthèse ci-dessus sur l’opportunité de cette épidémie et l’opportunisme de la sphère financière prend toute son importance. Alors que les milieux financiers sont ceux qui globalement contribuent le plus à la logique de notre système économique, alors que ce système est justement le principal responsable des problèmes à l’origine tant de l’épidémie que la fragilité de nos sociétés, ces milieux financiers, pyromanes incurables, risquent fort de passer pour des pompiers qui vont éteindre l’incendie économique. Mais que vont-ils exiger (pardon, « demander, en étant en position de pouvoir », c’est mieux ainsi) en retour, en particulier aux Etats et communautés d’Etats ? La crise de 2008 a été l’occasion de « grappiller » un petit millier de milliards de dollars aux états-uniens (700 milliards accordés par Henry Paulson, alors Secrétaire d’Etat). L’idée était « Vous avez un peu déconné, nous vous accordons cette somme astronomique, mais maintenant, c’est fini, vous ne recommencez plus, vous allez changer ! Promis ? – Oui, promis… ». Evidemment, aucune promesse n’a été tenue, les banques ont continué avec la même logique, la leur, la seule qui serve leurs intérêts, mais avec un pouvoir accru du fait de cette décision par un haut dignitaire américain. En même temps, qu’attendre de celui qui fut peu avant le dirigeant de Goldman Sachs ? Autant confier à un repris de justice les clés de la prison, la cause était entendue.

Que vont-ils attendre pour avoir eu la gentillesse de sauver le système dont ils sont les concepteurs ? Vous imaginez ce que l’on pourrait faire avec un millier de milliard de dollars dans le monde, si on ne le donnait pas aux banques en les laissant continuer à agir de même ? Vont-elles demander plus d’argent ? Endetter un peu plus les Etats déjà en faillite ? Ou faire passer des lois pour les rendre encore plus puissantes ? Ou vont-elles, comme c’est maintenant prévu dans les lois du monde occidental, décréter la situation d’urgence et spolier les particuliers de leur épargne ? La logique est celle-ci : sur le papier (c’est-à-dire sur l’écran de nos ordinateurs et de nos smartphones) c’est notre argent, c’est notre compte, notre placement ; dans la réalité, les banques peuvent décider de s’en servir et nous interdire de l’utiliser. A nous d’être intelligents et de comprendre qui a pris le pouvoir et possède aujourd’hui réellement notre argent.

Attendons de voir la suite, ça promet !

En espérant que la crise dont certains espèrent tirer bénéfice n’emporte pas tout. J’entends de plus en plus de gens dire qu’après tout, nos sociétés étant devenues ce qu’elles sont, ce qui peut arriver de mieux pour la planète, pour la vie et même pour les êtres humains, c’est que tout s’effondre. Je pense plutôt que le degré de chaos qui en résulterait ne permettrait aucune amélioration de l’être humain, aucune compréhension des erreurs qu’il commet, et donc aucune reconstruction d’un monde meilleur grâce aux leçons tirées de l’expérience. Nous ne sommes pas capables de reconnaître nos erreurs ni de voir les conséquences les plus immédiates de nos actes alors que nous le pouvons, pourquoi en serions-nous capable dans une période de chaos qui pourrait survenir rapidement et brutalement.

Ou c’est un chaos « à la grecque », c’est-à-dire une situation de crise, de grande difficulté, mais pas le chaos, et aucun progrès ne semble sortir de cette mésaventure économique. Ou bien nous allons découvrir que paix et démocratie ne sont guère résilientes, et qu’il ne ressort rien de bon de 10 milliards d’individus plongés dans le chaos.
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La question de fond (une des questions de fond)

Certains des lecteurs qui ont toléré que je pose les questions précédentes vont peut-être bloquer sur celle-ci.

L’essence de la vie est de se maintenir, et de lutter pour cela s’il le faut, contre les prédateurs, les agresseurs, les microbes. L’intelligence, d’un point de vue biologique, est dans la continuité des ressources physiques, un moyen pour accroître les chances de survie face aux menaces du monde.

Nous savons tous ce que c’est d’être malade ou de souffrir et de vouloir être débarrassé au plus vite de sa malade ou de sa souffrance. Jusque là, rien d’anormal. Et donc nous apprécions les connaissances acquises par nos semblables en matière de soin, de traitement, de guérison. Tout va bien.

Mais jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour échapper à la maladie et à la souffrance ? Et là, il n’y a plus aucune évidence. La réponse de nos sociétés actuelles est claire, et elle est intenable. L’objectif pour certains est une pure utopie, une humanité débarrassée de toute souffrance et de toute maladie. Certains imaginent même repousser la mort, voire caressent des rêves d’immortalité. On est dans le fantasme pur, l’irrationalité (même si cette irrationalité se repaît des dernières nouvelles scientifiques et techniques), on est au niveau de la croyance au Père-Noël, de l’enfant face à sa relative impuissance qui se dit « Je serai président ». Ni plus ni moins mature. Et si nous en sommes-là, alors qu’il n’y a pas encore si longtemps, la totalité des êtres humains acceptaient comme normal la souffrance, la maladie et la mort, c’est que nous avons très profondément changé. Notre société, la façon dont elle nous protège depuis quelque temps des conflits (sur nos territoires, parce que en dehors, ça chauffe !), avec ses avancées pharmacologiques et médicales, nous a non seulement habitués à une sécurité et à un confort de vie, mais nous a même permis de croire que nous pourrions indéfiniment continuer à évoluer dans ce sens.

Hélas. Si nous avons appris à contenir les tensions au sein de nos pays occidentaux, nous les avons multipliées dans le monde entier (nous ne sommes pas les seuls, bien sûr), le résultat étant que nous allons peut-être devoir bientôt nous réhabituer aux conflits, et donc à la souffrance et la mort qui en résultent. Sauf que nous avons perdu l’habitude, et que maintenant cela nous faire une peur immense. Je me souviens de mes échanges amicaux avec des étudiants libanais, et de leurs attitudes complètement différente des nôtres : la guerre était dans leur pays depuis un certain temps, elle y resterait encore, et la mort était quelque chose de normal, de familier, de prévisible.

Nous avons pris l’habitude de lutter contre notre douleur par des antalgiques divers, certains d’entre nous ne supportent presque plus le moindre inconfort et au moindre signe, prennent aspirine ou paracétamol. Nous sommes devenus extrêmement douillets, à un point qui ferait rire nos aïeux (qui d’ailleurs les faisaient rire à mon époque). En faisant cela, nous avons pris l’habitude de ne plus faire appel à nos propres ressources : or notre système nerveux sait très bien comment fabriquer ses propres anesthésiants, notre cerveau sait très bien comment isoler la douleur. Certains médecins estiment que si nous revenions seulement quelques siècles en arrière, la plupart d’entre nous mourrions d’un arrêt cardiaque pour ne pas pouvoir supporter les douleurs auxquelles les générations qui nous ont précédés étaient habituées. Pour quoi au final ? N’avons-nous plus mal ? Bien sûr que si ! Puisque nous sommes devenus plus sensibles, nous percevons une petite douleur comme une grande Et quand la douleur augmente, nous augmentons les doses, jusqu’à arriver dans le rouge par les effets secondaires induits, ou à une habituation qui rend l’antalgique inefficace. Est-ce que je ne prends jamais d’anti-douleurs ? Si. Mais le moins souvent possible, en fait presque jamais. Si je vais chez le dentiste, de lui demande (je ne luis demande plus, elle le sait) de m’anesthésier le moins possible ou pas du tout, ma douleur étant alors un bon point de repère pour lui indiquer ce qui se passe. Mon premier réflexe en cas de douleur ? Des réactions physiques ou des exercices mentaux pour influencer que qui peut être à la source (circulation sanguine, tension…) ou atténuer la sensation douloureuse. Et ça marche, le corps et l’esprit ont d’énormes ressources.

Et la maladie, en particulier la maladie due à des micro-organismes, bactéries, virus ? Là je crois qu’un peu de biologie est utile. Je ne suis pas biologiste, mais il s’agit de considérations tellement générales qu’il s’agit à la fois de bon-sens et de faits acquis et bien connus. La première évidence est que notre corps est parfaitement capable de se défendre contre ces attaques, la preuve en est que l’espèce humaine est toujours là et même plus que jamais, et qu’elle ne le doit principalement pas à la médecine, mais à son système immunitaire, à sa capacité à lutter contre les maladies, contre les infections, à utiliser ses propres cellules et à produire des anticorps contre bactéries et virus.

Dans nos société modernes, à la fois du fait de la médecine (antibiotiques, biochimie, pharmacologie) et de la dégradation de l’environnement et de l’alimentation, le système immunitaires des humains s’est considérablement affaibli. Le nombre d’individus atteints aujourd’hui de problèmes de dysfonctionnement ou de déficience immunitaire est tout simplement alarmant, à commencer par l’asthme, les allergies, les divers syndromes immunodépressifs, les maladies auto-immunes. Si nous visons la santé, permettons déjà aux êtres humains d’avoir un système immunitaire solide au lieu d’invalider celui-ci ou de faire le travail à sa place.

Parlons vaccination. La vulgate veut que Louis Pasteur ait inventé la procédure de vaccination. Soyons clairs : la vaccination est le processus le plus ancien du monde, il survient naturellement à chaque fois qu’un individu porteur d’un microbe le transmet à un autre. Il le contamine bien sûr, et celui-ci va devoir faire appel à ses défenses immunitaires pour trouver la parade. S’il y parvient, il y a toutes les chances pour que la fois suivante, ayant affaire au même microbe, son organisme réagisse immédiatement et se débarrasse de l’intrus. Il est alors vacciné. Ce ne marche pas à tous les coups.

La vaccination médicale n’est rien d’autre que de contaminer un individu avec un microbe affaibli dont on espère qu’il va mobiliser les défenses immunitaires de l’individu sans le tuer. Mais pas d’illusion : certaines personnes décèdent de la vaccination, soit parce que le microbe n’était pas assez affaibli, soit parce que les défenses immunitaires étaient insuffisantes. La vaccination médicale tente simplement de (et réussit à) faire beaucoup moins de morts qu’elle ne sauve de vies. Ca ne marche pas à tous les coups non plus !

Ajoutons à cela le principe de la vie : l’évolution. Les espèces vivantes ne cessent d’évoluer et de s’adapter à leur environnement. C’est encore plus vrai (ou plutôt plus rapide) pour les organismes vivants les plus simples, les bactéries, et pour ces êtres encore plus simples que sont les virus. La mutation est la règle. Ce qui veut dire que la lutte entre la médecine et ces micro-organismes est une lutte sans fin ! Trouvez l’antivirus, dans un an votre virus aura muté, vous aurez affaire à un virus différent, possiblement plus dangereux que le précédent. Il peut aussi être moins dangereux, bien sûr, mais alors il sera plus vite éliminé par les organismes qui ont déjà été infectés et sont donc vaccinés. Les plus dangereux ont forcément plus de chance d’aller loin.

Et donc ? Avec le progrès de la médecine, il faut donc s’attendre à… un progrès des virus et des bactéries, qui vont s’habituer à nos armes comme nos armes s’adaptent à eux. C’est un duel sans fin, dans lequel l’espèce humaine ne gagnera pas. Jamais. C’est inscrit dans la logique du vivant. Plus nous lutterons contre les maladies par des moyens sophistiqués, et plus les organismes responsables de ces maladies s’adapteront et exigeront de nous de nouveaux moyens encore plus puissants. Le problème des antibiotiques aurait dû nous alarmer déjà il y a 50 ans, mais rien à faire, les intérêts de « Big Pharma » sont trop grands : on a donc suremployé les antibiotiques (et on continue bien sûr à le faire, dans le même temps que le système de santé nous rassure avec son « Les antibiotiques, c’est pas automatique »). Le résultat est maintenant les nombreuses souches de bactéries résistantes aux antibiotiques. La meilleure ? Des bactéries qui se nourrissent des substances conçues au départ pour les détruire ! Progrès de la médecine humaine. Le résultat d’une incompréhension profonde, ou plutôt d’une avidité de profit de la part des organismes qui vivent de cette industrie.

Maintenant, lorsque vous allez dans les centres de soin, vous pouvez prier pour ne pas tomber sur ces germes résistants, pour ne pas succomber de ce que l’on appelle pudiquement les maladies « nosocomiales ».

Tout cela à quel prix ? Enorme ! Les profits de l’industrie pharmaceutique sont parmi les plus importants du monde. Pour quel progrès ? Les statistiques de décès n’ont pas changé depuis des millions d’années : 1 mort pour 1 naissance. Bien sûr, la qualité de vie, bien sûr la durée de la vie. Mais d’une part, tous ces acquis semblent largement remis en question à la lumière des chiffres les plus récents, et ensuite à quel prix ? Et si au lieu de parler de quantité, les occidentaux ne semblent plus voir que par les chiffres, si on parlait… qualité de vie ? Si c’est la peur qui vous motive, vous opterez pour la longévité, au détriment de la qualité de la vie. Si c’est l’envie de vivre qui vous anime, vous opterez pour la qualité de vie, et accordez bien moins d’importance à la longévité.

La question du coût est bien plus évidente avec les épidémies. Combien sommes-nous prêts à payer en raison de notre peur de la souffrance, de la maladie et de la mort, pour nous sentir protégés ? Le prix à payer pourra être énorme, et la protection ne sera jamais celle souhaitée : il y aura toujours des maladies. Toujours de nouveaux virus et de nouvelles bactéries. Et plus nous luttons contre eux par des moyens puissants, et plus ils reviendront encore plus dangereux. Et donc toujours de nouvelles épidémies.

C’est évidemment le genre de discussion que ne tient pas à susciter toutes les industries qui tirent de ce combat des profits gigantesques, industrie pharmaceutique en tête, et même les médecins, puisque tout ceci leur profite aussi, demandez combien ces industries « donnent » chaque année aux médecins pour écouler leur produits ! Pourquoi ne pas demander pendant qu’on y est aux industries de l’armement d’intervenir pour qu’il n’y ait plus de guerre !
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Et si on regardait les choses autrement ?

Quel est le grand facteur qui fait qu’aujourd’hui un virus minable comme celui du covid fait trembler la planète entière ? Il est contagieux, sans plus. Il n’est pas très dangereux. Mais il s’est propagé dans le monde entier à vitesse éclair, et il vient à bout de personnes dont le système immunitaire est affaibli. Il n’est pas l’ami des personnes les plus âgées ni de celles qui sont déjà atteintes de maladies graves, mais aucun virus, aucune bactérie ne sera jamais bienvenu pour ces personnes.

Nous avons là 2 facteurs, dont nous sommes largement ou entièrement responsables. La première est l’affaiblissement du système immunitaire des individus, un fait avéré, qui a de multiples causes, mais dont la plupart sont dans les actions humaines. Et la seconde, la plus importante, la diffusion du virus à cause de la circulation de plus en plus intense et de plus en plus rapide des objets et des personnes dans le monde entier : plus encore, c’est là un effet dont les causes sont presque toutes dans nos décisions et nos actions.

Depuis des dizaines d’années maintenant, je parle de l’aberration d’un monde fonctionnant ainsi, des risques que cela représente, pour la santé, mais aussi et surtout pour l’économie et même pour les cultures humaines. Depuis des dizaines d’années, je passe pour un hurluberlu qui ne comprend rien, qui n’accepte pas la logique inéluctable du monde moderne, refuse le progrès et ses bienfaits, qui voudrait que l’on vive comme au temps de la préhistoire. Nous entrons maintenant dans une zone de turbulences qui va peut-être nous permettre de comprendre ce qui signifient « globalisation », « mondialisation », « extension » (ce dernier vocable est à la mode dans les entreprises qui délocalisent, elles sont « étendues ») tels que nous les mettons en œuvre aujourd’hui (car bien entendu, on peut envisager tout autrement ces aspects du monde actuel, accepter les mêmes évolutions techniques sans organiser l’économie de la même façon).

Et maintenant, que disent de plus en plus nombre de nos experts et de nos hommes politiques, hier ultralibéraux convaincus ? « Ben oui, pour des raisons économiques, on a fait des choix, ces choix sont largement responsables de la façon dont cette pandémie est advenue. Ces mêmes choix expliquent les difficultés économiques que nous rencontrons, du fait de la délocalisation de notre activité et de nos approvisionnements. Nous n’avons peut-être pas tout pris en compte, il est maintenant temps de repenser ces choix ! » Rassurez-vous, c’est juste du discours, ils ne le pensent pas vraiment. A moins que ce qui se passe n’ai réellement eu l’effet d’un électrochoc pour nos dirigeants politiques et économiques, mais l’électrochoc ne marche qui si on a un cerveau. En ont-ils, ou n’ont-ils définitivement que des intérêts, nous le verrons aux suites qu’ils apporteront.

Et vous savez ce qui me met en colère lorsque j’écoute ces crétins diplômés faits pour diriger le monde comme je le suis pour faire meneuse de revue au Crazy Horse ? C’est que vous expliquez tout cela à des enfants, et que eux comprennent ! Ils ne sont pas encore passé par un master de Business Administration, Sciences Po ou l’ENA, et ont encore l’esprit clair.
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Juste une information comme cà en passant

Ce n’est pas la première fois qu’un virus de ce type crée un épidémie humaine. Avant le Covid en 2019, nous avons eu la grippe aviaire en 2009, le SRAS en 2003, et d’autres alertes liées à des virus un peu plus différents. Les experts sont unanimes. Dans notre monde tel qu’il est organisé, avec le déplacement de plus en plus intense et de plus en plus rapide des personnes et des marchandises, avec les espèces animales qui se retrouvent de plus en plus privées de leur biotope, en contact avec d’autres espèces animales et avec les humains, toutes les conditions sont remplies pour que de telles épidémies soient maintenant courante. Une tous les 5 est ce qui semble se dessiner au vu des 3 dernières épidémies.

Ajoutons à cela ce que j’évoquais précédemment, le réveil de toute une faune microbienne inconnue ou oubliée à l’occasion de la fonte qui s’accélère du permafrost, des « pergélisols » : grippe espagnole, maladie du charbon, peste, maladies inconnues…

Laissons de côté le fait que le prochain virus pourrait être bien plus nocif que celui qui nous préoccupe en ce moment. Qui peut sérieusement croire que notre économie malade, affaiblie, supportera qu’on la mette à genoux tous les 5 ans ? Nous pourrons bien sûr trouver des solutions médicales, à commencer par les vaccins. Mais nous savons bien qu’un vaccin actif contre un virus ne le sera pas forcément contre une de ses variantes, et peut-être plus du tout face à une nouvelle variété. Nous ne pouvons pas compter sur la vaccination, même si nous devons faire le plus possible. L’organisation des soins ? La santé étant confiée maintenant aux entreprises privées, pourquoi agiraient-elles de façon différente de la façon dont elles agissent depuis plus de 3 siècles (depuis la prise de pouvoir de la bourgeoisie au pouvoir en Angleterre, puis peu à peu dans le reste du monde). Nous savons, nous avons pu vérifier que la recherche effrénée des intérêts privés n’est en rien compatible avec l’intérêt du plus grand nombre. C’est logique, presque tautologique, c’est une évidence qu’un enfant comprend, mais que les adultes, impliqués qu’ils sont dans ce système, refusent d’admettre.

Autrement dit, à moins de réinvestir dans ce qui reste du système de santé publique, de reprendre la santé au privé ou au moins de parvenir à imposer au privé une charte stricte dans l’intérêt des populations (ce qui supposerait des dirigeants forts et couillus), et à moins de changer du tout au tout notre organisation économique, nous sommes morts ! Morts non pas à cause des virus, à cause des épidémies, mais à cause de l’organisation du monde que nous avons mise en place et que nous refusons de changer (ou que certains auxquels cette organisation profite font tout pour préserver et même accroître). Eh oui, les compagnies aériennes consacrent tous leurs efforts pour accroître les transports aériens, les entreprises commerciales consacrent tous leurs efforts pour délocaliser leur travail, leur approvisionnement, leur clientèle. Les entreprises d’exploitation des ressources naturelles prévoient dans moins de 50 ans d’exploiter toute la surface de la terre (restera juste quelques fonds marins pas encore exploités), et donc d’avoir fait disparaître de la planète toute zone naturelle, tout écosystèmes permettant une cohabitation stable des espèces, et évidemment l’accroissement de la population mondiale ne va rien arranger.

Eh donc cette crise sanitaire n’est pas la dernière, nous pouvons même tabler sur d’autres crises prochaines. Qui peut aujourd’hui croire naïvement que nos économies à bout de souffle sont à même d’encaisser ces chocs répétés ? Surtout que bien d’autres sont prévus à court ou moyen terme, les réfugiés climatiques des parties du monde rendus invivables, les réfugiés politiques des parties du monde dont on a parfois tout fait pour que les conflits s’instaurent et perdurent, la crise financière cette fois d’origine purement financière révélant que, contrairement à ce que nos politiques disent avec l’appui des médias de masse, les banques ne sont nullement devenues plus raisonnables depuis 2008.
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Nous n’avons pas de problème sanitaire !

La surpopulation

Nous avons d’abord un problème de surpopulation, et il lui faut trouver rapidement une solution, c’est une première évidence : si nous ne sommes pas capables d’en trouver une et surtout de la mettre en œuvre, notre économie comme la nature ne tarderont pas à nous rappeler notre erreur, et là les morts se conteront en milliards !

Mais « trop », c’est combien ? Si nous vivons comme des américain, trop c’est 10 millions. S’il est sur terre plus de 10 millions d’américains, la planète ne suffira jamais : ce qu’ils consomment, dégradent, polluent, est au-delà que ce que la planète peut produire, réparer, recycler.

Si nous décidons d’une société complètement différente – mais alors vous n’imaginez pas à quel point toutes les habitudes auxquelles vous êtes attachées, il va falloir en changer ! – alors nous pouvons peut-être envisager le milliard. Dix milliards sur terre, les modèles nous disent qu’il faudrait effectivement consommer moins de viande que les hommes de la préhistoire, apprendre à rationner soigneusement le reste pour le répartir équitablement, et bien sûr renoncer à l’essentiel de la consommation de masse moderne. Ce modèle ne paraît guère réaliste, et la transition vers une telle société bien hypothétique. C’est néanmoins la seule solution un peu tenable.

Ce problème est largement indifférent aux libéraux. Ils ont confiance dans l’économie pour réguler les choses, et tant pis si cette régulation passe au mieux par une régulation spontanée de la fécondité et des naissances, au pire par des famines, des épidémies, des guerres, tout ceci est dans l’ordre des choses et fait partie des moyens « naturels » de régulation des populations. Surtout si ces mêmes libéraux sont d’une religion dont les textes prêchent « Croissez, multipliez, peuplez la terre », ils ne leur sera pas évident d’atteindre la liberté de pensée nécessaire pour poser le problème et le traiter.

Et ce problème qui indispose ceux qui se disent « de gauche », surtout s’ils ne sont pas partisans de la décroissance, mais il est tant de problèmes réels qui les indisposent…

C’est dire que ceux qui sont simplement capables de poser le problème de la surpopulation et de vouloir qu’on le traite maintenant pour éviter des drames à l’avenir ne sont que des individus relativement isolés, plus des experts scientifiques que des représentants politiques. Même au sein des partisans de la décroissance, la question de la population mondiale est loin de faire l’unanimité (il n’y a d’ailleurs pas UNE vision de la décroissance, mais plusieurs largement différentes).

Autrement dit, nous n’avons le choix qu’entre 2 alternatives : diminuer drastiquement la population mondiale, certains semblent déjà convaincus que c’est mission impossible. Ou bien admettre que, pour que quelques dizaines de millions de personnes vivent d’une façon que nous considérons comme « normale », alors il faut que des milliards vivent dans des conditions misérables, en ne consommant rien, mais par contre en travaillant pour produire ce que consomment les plus riches de la planète. Aucune des positions consistant à dire « Faisons en sorte, avec 10 milliards d’individus, que chacune puisse produire et consommer assez pour vivre décemment » ne tient la route, ne propose de scénario crédible pour expliquer comment les pays les plus riches peuvent continuer à vivre sur une logique semblable à la leur, sans bouleverser complètement leur organisation, leurs habitudes et leur motivations.

Mais ce n’est pas le principal problème, ou pas le plus urgent, même s’il est incontournable et doit être résolu.

L’organisation économique raisonnée et durable

Une fois ce problème solutionné (sans quoi de toute façon, ce n’est pas la peine d’espérer solutionner les autres), les choix que nous contrôlons sont ceux de l’organisation économique. Remplacer la croissance économique par la décroissance est le premier choix indispensable, sans quoi rien d’autre ne sera utile. Pareil, un enfant de 10 ans comprend qu’on ne peut poursuivre, dans un espace limité comme celui de notre terre, un accroissement illimité de la consommation, de la pollution, une expansion continue. Seuls les adultes sont assez cons pour refuser cette évidence, malgré les cris d’alarme des scientifiques. Dans le même temps que l’on orchestre de façon raisonnée cette décroissance, on préparera un retour à une économie raisonnable, basée sur la proximité, privilégiant partout autant que possible une production et une consommation locale, encourageant donc les échanges et le travail local. En faisant cela, nous verrions rapidement chômage et pauvreté quasiment disparaître, pour redevenir des phénomènes marginaux et temporaires liés aux aléas de toute vie sociale, au lieu d’être des phénomènes systémiques touchant une part toujours plus importante de la population. N’acheter à l’étranger que lorsqu’il y a une vraie raison (autre que celle d’enrichir une société d’import-export), ne faire produire à l’étranger que lorsqu’il y a une vraie raison (autre que d’enrichir les entreprises locales en appauvrissant les populations locales), ne produire pour l’étranger que lorsque la production locale est déjà suffisante et qu’aucun besoin local n’existe, et cetera. Que du bon sens que tous nos anciens pouvaient comprendre, que tous nos enfants peuvent comprendre, que toutes les société de la terre peuvent comprendre, sauf nos cultures contemporaines (nos « incultures » contemporaines devrait-on dire).

La nature pourra reprendre ses droits sur de nombreux territoires, et les quelques espèces aujourd’hui encore vivantes pourront repeupler ces territoires. Je dis bien « les quelques espèces encore vivantes », car il est tout de même temps de bien comprendre que, si par le passé, à 5 reprises, la vie sur terre en a pris un sacré coup, ce qui arrive aujourd’hui du fait de l’homme est de loin la pire des catastrophes, et se traduit déjà aujourd’hui par la plus importante disparition du vivant en un laps de temps aussi ridiculement court, par les espèces déjà disparues ou qui seront disparues sous très peu de temps, et par la quantité globale d’être vivants sur la planète, la « biomasse » (arbres, plantes, animaux terrestres, oiseaux, poissons…). Aujourd’hui, l’essentiel de la biomasse est de plus en plus dans l’élevage intensif et les terres de l’agriculture intensive contiennent infiniment moins de vivant que la même surface laissé à un équilibre naturel.

Nous aurons alors résolu le problème de ces épidémies récurrentes, ainsi que la plupart des autres problèmes majeurs de l’humanité, en tout cas nous aurons agi sur ce qui apparaît aujourd’hui comme le principal facteur, qui cause ou accélère tout. Il ne faut pas s’y tromper : derrière tous les problèmes des sociétés humaines, le principal facteur en cause n’est rien d’autre que l’homme lui-même, sa façon de vivre, ses motivations, sa façon de refuser tout ce qui contredit ses intérêts immédiats, de nier ses propres responsabilités, surtout s’il à le pouvoir pour cela. Nous sommes sur une planète fragile, à la merci des grands aléas climatiques liés parfois simplement à la position de notre système solaire dans la galaxie, ou aux éternuements du soleil, ou au changement des pôles magnétiques ou des courants océaniques majeurs, bref nous sommes à la merci de grands évènements qui sont bien au-delà de nos capacités à intervenir. Mais ce ne sont nullement ces évènements qui constituent une menace actuellement. La seule menace, c’est l’homme, sa mentalité, ou plus exactement, la mentalité qui s’est développée, à été valorisée, encouragée, inculquée, portée au pouvoir, telle qu’elle s’épanouit au mieux dans les sphères dominantes de nos sociétés, particulièrement dans notre monde néolibéral (« au mieux », cela signifie qu’elle existe ailleurs, le problème est bien plus général que celui d’un système économique particulier). C’est cette mentalité, que nous avons acquise et que nous pouvons donc changer, qui est responsable des problèmes qui se posent à nous, puis qui nous fait jouer les étonnés et refuser d’assumer nos responsabilités. C’est cette mentalité, principale source de nos problèmes actuels, qui est bien sûr le principal, le seul véritable obstacle au changement.

« On ne peut pas résoudre un problème avec le mode de pensée qui a créé le problème. »

Einstein concluait ainsi, en observant la façon dont les dirigeants des pays dominants décidaient et agissaient :

Mon expérience m’amène à exprimer de façon plus radicale, que ce n’est pas avec la mentalité qui a engendré un problème que l’on peut déjà prendre conscience du problème, l’admettre, et le poser clairement. Tant que nous penserons « Saletés de virus ! » au lieu de « Qu’avons-nous fait qui a facilité la survenue de cette épidémie ? Qu’avons-nous fait pour avoir autant de mal à faire face à cette pandémie ? Qu’avons-nous fait pour que cette maladie de rien comparée à beaucoup d’autres, qui il n’y a pas si longtemps encore n’aurait rien changé au cours de l’Histoire, engendre une crise économique qui menace à ce point nos sociétés soit-disant développées ? », tant que nous resterons centré sur les conséquences que nous n’apprécions pas plutôt que sur les causes sur lesquelles nous pourrions agir, n’espérons pas en un avenir meilleur. Et si nous découvrons que le système financier finit par sortir de sa poche la solution miracle qui évite la grande débâcle, nous pourrons ajouter : « Comment en sommes-nous arrivés à donner autant de pouvoir aux banques, et à considérer les principaux responsables (et coupables) de notre fragilité économique comme des bienfaiteurs ? »

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