Logique élémentaire de la politique – Principe n°1

Nous voulons avoir des dirigeants politiques intègres, soucieux du bien commun et responsables, au lieu de la crapule qui trop souvent occupe ces postes, et est d’autant plus présente et indéboulonnable que l’on atteint les hautes sphères ?

Très simple. Au lieu de faire des fonctions politiques des postes de pouvoir, faisons-en des postes de devoir. Des postes où servir est la seule mission possible, et où se servir est mission impossible. Des postes où la charge politique est réellement une charge et non un privilège. Au lieu d’en faire des postes où l’on peut profiter et dont on peut faire profiter les siens, faisons-en des postes où l’on gagne un salaire modique et où la transparence est la règle.

Nous avons fait tout le contraire ? Les causes ont des conséquences. Nous avons les hommes politiques que notre système attire ! Et pour être clair : ce n’est pas nous qui avons organisé ainsi la politique, ce sont les classes dirigeantes ont établi ainsi les règles qui leurs servent pour conserver le pouvoir et en profiter. Notre système politique attire ni plus ni moins que ceux qui en sont à l’origine et le défendent, ou à la limite ceux d’entre nous qui ont envie de leur ressembler et de jouir à leur tour des multiples privilèges du pouvoir.

Il n’y a que de la logique dans l’organisation humaine. Si nous ne comprenons pas, c’est que nous rechignons à comprendre. Peut-être parce que quelque part nous adhérons globalement au système dont nous pointons ce qui nous paraît parfois, vu notre position basse dans le système, comme un excès (mais qui dès qu’on s’élève paraît tout à fait normal). Parce qu’au fond nous désirons peut-être plus être comme eux et nous soucier de nos intérêts qu’être leur contraire et nous préoccuper du bien commun, agir dans l’intérêt du plus grand nombre. Parce qu’au fond nous caressons l’espoir d’une ascension sociale dans le système existant plus qu’une refonte de ce système sur des valeurs justes et saines.

Nos hommes politiques, au final, reflètent nos qualités morales, ce sont juste les pires d’entre nous qui arrivent au pouvoir et s’y maintiennent, mais ils ne sont pas si différents que cela de nous. Des peuples valeureux n’élisent pas des vauriens pour les diriger, sauf à avoir découvert le secret du quotient intellectuel négatif, de l’intelligence qui sert à créer les problèmes et non à les résoudre. Des peuples valeureux ne produisent pas en aussi grande quantité des jeunes dont le seul rêve à 20 ans est de profiter de ce système profondément injuste plutôt que de construire un nouveau monde un peu plus inspiré et porteur d’espoir (collectif).

1 Comment

  1. J’entends certaines personnes me dire que c’est aujourd’hui particulièrement que la politique atteint des sommets de bassesse, que l’élite se délite, que le poisson pourrit par la tête.

    Il y a encore peu, j’aurais peut-être acquiescé. Aujourd’hui, cela m’apparaît clairement : les défauts que l’on peut reprocher aujourd’hui à nos « élites » politiques et qui s’étalent maintenant en permanence dans les médias ne sont pas des accidents de parcours, un pourrissement du système. C’est inhérent au système, c’est prévu dès le départ.

    Ce qui a permis de croire dans le politique, ce sont simplement les progrès technologiques allié aux possibilités d’expansion économiques extraordinaires ouvertes par l’énergie pétrolière. Plus récemment, les « Trente Glorieuses », comme on les appelle en France, on entretenu l’illusion que nos sociétés étaient globalement bien gouvernées, et que s’il y avait ça et là malversations, corruptions, détournements de fond publics, délits d’initiés, abus de pouvoir, emplois fictifs, mensonges officiels, ma foi, ce n’était pas bien grave et ça n’empêchait pas le monde de tourner et le peuple de s’abreuver du journal de 20 heures.

    Maintenant que l’érection économique liée à l’afflux de pétrole est retombée, maintenant que les Trente Glorieuses sont oubliées, que notre économie molle ne permet plus aucun orgasme électoral, la réalité de notre système apparaît enfin. Elle est aujourd’hui évidente comme elle l’était à la fin du XVIIIème siècle et au XIXème, lorsque la même classe sociale dominante imposait au peuple ses pires moments, sa pire exploitation.

    Heureusement pour cette élite, toute opposition est morte ou moribonde. Le communisme s’est effondré, ce qui ne m’arrache pas une larme, mais m’inquiète, car avec lui c’est l’un des principaux contre-pouvoirs qui a disparu. L’anarchisme n’a jamais pris ou a été éliminé, quand il ne s’est pas, comme ce qui fait office de « gauche » en France, éliminé de lui-même pas ses propres luttes intestines et par un certain manque d’idéal. Il ne reste plus rien à part des individus assez isolés, peu structurés et pas tous bien constructifs, pour contester le bien-fondé de notre système de pouvoir actuel.

    J’écrirai bientôt un article sur Bernard de Mandeville, que l’on peut assurément considérer comme le père spirituel du libéralisme (même si le qualificatif de « spirituel » est un peu déplacé). L’essentiel a été pensé, écrit par lui il y a de cela 3 siècles, au moment de la Révolution Anglaise, et celui-ci a même été considéré par Friedrich Hayek, un des principaux penseurs du néolibéralisme américain, comme le « mastermind », le maître à penser. C’est sans complexe, dans ses écrits, que Bernard de Mandeville nous présente le système politico-économique qui est le nôtre depuis 2 ou 3 siècles, et où il n’affirme… rien d’autre que ce que je dit dans cet article.

    Evidemment, il donne déjà pour conseil à la bourgeoisie dirigeants de l’époque de convaincre le peuple du bien fondé du libéralisme, mais de bien taire ce secret du système, qui passerait très mal chez ceux qui le soutiennent.

    Ce secret est maintenant celui de Polichinelle. les dirigeants économiques et politiques ne peuvent plus masquer ni leur incapacité à diriger le monde pour autre chose que leurs intérêts personnels (à de plus en plus court terme et en faisant de plus en plus de dégâts), ni leur indifférence au sort des peuples (sauf en période électorale, bien sûr).

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