Redéfinition du « lissage » par nos politiciens

Dans la capitale, les socialistes ont décidé ce mercredi 8 avril, d’interdire le jogging de 10h à 17h.

Voilà qui va froisser le bobo parisien, mais de toute façon, tout ce qui contrecarre le moindre de ses désirs déplaît forcément au bobo. Excusez-moi du peu de compassion que cette classe sociale m’inspire. Lorsque je constate que cette classe est la seule, avec les adolescents en crise et la « racaille » de banlieue, à s’autoriser par exemple à mettre les pieds sur les sièges dans les trains, RER et métros, lorsque je constate qu’elle répond avec une argumentation lamentable (« On est en démocratie », « Je paie mes impôts », « Nous sommes dans un pays libre », « De quel droit me faites-vous une remarque ? »…) si ce n’est avec agressivité lorsque vous leur faites une remarque, oui lorsque je constate cela, ma compassion arrive alors en rupture de stock.

Les joggers sur le bord d’un canal à Paris

Ce qui m’intéresse davantage, c’est la déclaration de la mairie de Paris, et notamment les explications d’Emmanuel Grégoire, premier adjoint de la maire de Paris, sur le « lissage » : « On essaie de lisser l’usage de l’espace public« , précise-t-il au micro du « Grand journal du soir » d’Europe 1.

La formule est trouvée : « lisser », « espace public », de jolis mots… bien lisses. Mais comme notre cerveau n’est pas encore aussi lisse et que notre cortex supérieur comporte encore quelque replis, faisons-le marcher un peu. Pardon, jogger un peu, confiné dans sa boîte.

Si on veut « lisser l’utilisation de l’espace public », on a intérêt donc à ce que son usage se répartisse sur les 24 heures, surtout si le but et d’éviter certains pics et la promiscuité qui en résulte. Vous interdisez aux coureurs la place de 10 à 19, que va-t-il se passer ? Logiquement, vous concentrez les coureurs sur 2 plages qui vont alors être très réduites, avant 10h donc, et après 19h. Si on résorbe forcément ainsi le pic de la fin de matinée et de l’après-midi, on en crée 2 autres. Avec des gens qui respirent à fond tous en même temps, et peuvent donc propager au mieux l’épidémie.

Nous sommes bien d’accord, de nombreux coureurs qui passent au milieu de la foule des gens faisant leurs courses, ce n’est pas l’idéal pour lutter contre la propagation d’un virus. Si on admet que le confinement est LE moyen de lutte contre l’épidémie… ah oui, mais zut, n’est-ce pas contredit par le pays qui s’en sort le mieux, la Corée du Sud, qui justement a mis en place d’autres mesures, mais pas le confinement ? Et parmi les premiers pays à mettre en place le confinement, ne trouve-t-on pas ceux dans lesquels il y a le plus de décès ? Donc admettons que le confinement soit un bon moyen de lutte, ce qui est en contradiction avec les faits : il faut éviter cette promiscuité.

La réponse appropriée aurait pu être d’interdire le jogging précisément aux heures repérées de ce pic du matin et de l’après-midi, avec une petite marge, pour effectivement résorber les deux pics d’affluence sans en créer d’autres. Et si je connaissais les chiffres, qui fait quoi, où, à quelle heure, il me viendrait sûrement d’autres idées, comme par exemple amener ceux qui font du sport à ne pas croiser ceux qui font leurs course, à éviter les lieux commerçants. Je sais, ce n’est sûrement pas évident, mais après tout, si j’étais maire de Paris, il faudrait tout de même que je mérite ma place par quelques efforts intellectuels et humains. Si je ne suis maire de Paris que pour résoudre des problèmes évidents, je peux peut-être démissionner et laisser la mairie tourner sans moi, et me consacrer à des tâches où je suis utile ?

Selon moi, la solution apportée par la mairie de Paris n’est pas une solution, et si une réflexion aussi rapide que la mienne peut en repérer l’incohérence visible et les inconvénients probables, alors on peut se demander pourquoi. Emmanuel Grégoire n’est lui-même pas bien confiant dans cette mesure : « On essaie… », dit-il. Les explications pourraient ne pas plaire :

D‘abord, l’électoralisme

On ne va pas interdire à une population qui constitue l’essentiel de l’électorat socialiste et qui a horreur que l’on touche à ses privilèges et à sa liberté, de faire une activité à laquelle elle tient.

Ensuite, la France

Eh oui, Paris, c’est en France, et en France, on aime bien les solutions simples : interdire, contraindre, tout le monde, partout, tout le temps. Pas de détail, et surtout, pas de dialogue, de solutions concertées. On peut toujours ironiser sur la supposée mentalité fasciste des allemands, ceux-ci sont bien plus démocrates que nous, bien plus partisans (et artisans) du dialogue social, de la concertation. Nos hommes politiques français (et n’en déplaise au maire de Paris, je n’utiliserai pas l’écriture inclusive) sont habitués à prendre des décisions simples et autocratiques.

L’alcool est associé aux accidents de la route ? Interdisons l’alcool ! La vitesse est associée aux accidents de la route ? Interdisons la vitesse (pas pour les dirigeants, bien sûr) ! Avec une telle logique, on attend la prochaine décision d’interdiction de la voiture parce qu’elle est la première au cause dans les accidents de la route. Le lobby automobile français nous tient temporairement à l’abri de cette solution. Et l’interdiction de vivre ? Car c’est tout de même la première cause de décès, d’ailleurs c’est pas compliqué : une naissance = une mort, et c’est systématique ! L’humour est la seule échappatoire à cette faiblesse de la gouvernance en France. Et si ce n’était qu’en France que ce simplisme faisait des ravages… Faut-il rappeler que les accidents de la route continuent à prospérer en France, malgré la mise en place et le renforcement des limitations, preuve que ces mesures ont raté la cible ? Et c’est dans tous les domaines la même « logique ».

De Gaulle disait « Les français sont des veaux ! » en 1940, à propos de la façon dont ceux-ci acceptaient mollement les nouveaux pouvoirs qui les menaient à l’abattoir. Depuis, les politiciens français se sont bien gardés d’éduquer cette population, trop contents de pouvoir mener le troupeau où bon leur semble. Au contraire, ils ont encouragé le mouvement mondial d’abrutissement des peuples, pour n’avoir plus affaire à des individus qui n’ont en tête que ce que les médias de masse y auront mis.

L‘incompétence au pouvoir

C’est bien connu, donnez le pouvoir aux incompétents, et c’est… le monde tel que nous le connaissons maintenant, un gros bordel ; c’est particulièrement dans les situations urgentes (nous y sommes) que l’on en voit les conséquences ; surtout que lorsque des gens d’une compétence limitée sont au pouvoir, il est toujours autour d’eux plein de gens (les conseillés, les experts, les idéologues du parti…) qui eux ne sont pas incompétents, mais intéressés, et font passer la solution qui leur convient par ces responsables trop contents d’avoir trouvé réponse au problème sans avoir eu à faire un effort à la chercher.

Au besoin, on ira chercher dans tel ou tel manuel quoi faire en cas d’urgence, en l’occurrence pour le Covid-19, les gouvernements se sont souvent juste contentés de suivre les indications données par l’OMS et quelques autres organismes pour lutter contre l’épidémie, sans trop chercher si c’est la bonne solution dans le contexte particulier de cette épidémie et du pays dont ils ont la responsabilité.

Surtout, pas de réflexion, pas d’initiative : si en suivant le plan des organisations de la Santé, cela échoue, ce n’est pas grave, personne ne peut nous en vouloir, mais si nous tentons des mesures originales adaptées à la situation originale, nous endossons la pleine responsabilité de ces décisions, et là c’est grave. Incompétents, mais pas fous !

Faire n’importe quoi, mais faire quelque chose

C’est la logique de nos politiciens français (et pas que, bien sûr) ; il ne faut pas donner l’impression d’hésiter, de ne pas savoir quoi faire, qui plus est si une partie de l’électorat potentiel fait des remarques et manifeste un mécontentement. Faire crois qu’on sait alors qu’on ne sait pas, ne pas montrer qu’on est dépassé, même si on l’est, montrer qu’on maîtrise alors qu’on est à côté de la plaque…

Si nous devions rapporter ici toutes les mauvaises décisions prises par nos décideurs dans les situations d’urgence, l’espace de ce blog n’y suffirait pas ! Et elles ne sont pas les exceptions : elles sont la règle, la règle lorsque l’on met aussi systématiquement des gens qui n’ont ni l’expérience, ni la compétence pour administrer le domaine dont ils ont la charge. Cette règle est même un des principes de base des « grandes » écoles françaises d’administration : n’importe qui peut administrer n’importe quoi, le tout étant d’avoir les bonnes connaissances et les méthodes. On voit le résultat.

La stratégie du choc

N’oublions pas que les socialistes ne sont pas de gauche, et si on oublie la macronie, ceux-ci sont même le fer de lance du néolibéralisme. C’est sous les gouvernements socialistes que se sont prises la plupart les décisions refusées par la gauche et que la droite hésitait à prendre, en France et largement ailleurs en Europe. Mitterrand n’a jamais été de gauche, et j’ai commencé à en prendre conscience en 1983, lors du revirement de la politique socialiste, ou après avoir distrait l’électorat avec 2 ou 3 conneries de gauche sans grande importance ou purement symboliques (la peine de mort), la barque virait à droite toute jusqu’à dépasser ce que la droite aurait osé faire.

Or s’il est sans doute une stratégie maintenant familière aux dirigeants politiques et militaires occidentaux, depuis plusieurs dizaines d’années, c’est bien celle-ci. Toute situation de choc et d’effroi (notamment provoquée par la nature, par exemple une épidémie) va permettre de faire passer des décisions provisoires impossible dans un système démocratique, clairement contraires aux Constitutions, dans un état exceptionnel déclaré de crise. Les mesures temporaires prises deviendront permanentes une fois la crise passée, soit parce que la population ne réagit plus, soit en entretenant la crise : le terrorisme est toujours là, le virus circule toujours… Ces décisions sont largement non-démocratiques et anticonstitutionnelles, elles vont largement contre l’intérêt des peuples, mais elles servent les intérêts de ceux qui dirigent. Avec la pandémie et surtout avec le battage médiatique sans précédent qui est déclenché, le choc est là. Et les mesures commencent à tomber, les unes après les autres. Elles sont toutes bien sûr annoncées comme temporaires, comme l' »Acte Patriote » aux Etats-Unis. En fait, les dirigeants occidentaux regardent avec de plus en plus d’envie le système de surveillance et de contrôle Chinois, comme ils louent celui que nous avons découvert en Corée à l’occasion de l’épidémie.

La partie « choc » de cette stratégie est décrite dans les publications militaires relatives à la guerre en Irak, avec déjà l’idée que les catastrophes naturelles sont aussi un moyen de plonger les pays dans un état de désorganisation tel qu’ils deviennent des cibles faciles. L’utilisation politique de cette stratégie est due entre autres à Milton Friedman, le principal idéologue défenseur du capitalisme sans entraves. Pour lui, les grandes catastrophes sont des opportunités permettant, en profitant de l’état de choc des populations, de faire passer des mesures présentées comme provisoires mais dont l’objectif est bien qu’elles soient permanentes et favorisent l’emprise économique des grandes compagnies. Ainsi, pour nombre d’élus et d’hommes d’affaire américains, l’ouragan Katrina en Louisiane (2005) fut rien moins qu’une formidable opportunité, une action divine pour pouvoir enfin faire main basse sur le pays sans plus personne pour s’y opposer : les terrains, l’immobilier, l’éducation, la santé… tant de marchés maintenant ouverts ! Pour « ces gens-là », comme aurait dit Jacques Brel, Katrina fut un cadeau providentiel !

Les mêmes personnes, les mêmes compagnies, les mêmes institutions sont en train de se réjouir actuellement des marchés formidables qui vont s’ouvrir et de l’emprise qu’elles vont pouvoir obtenir grâce à la désorganisation où pourrait bien nous plonger les mesures de confinement. Ces sociétés sont extrêmement puissantes. Elles ont les appuis au plus haut niveau politique. Elles ont les moyens pour lancer des actions de lobbying et de propagande (d’ « information », pardon) de grande envergure. Elles ont évidemment intérêt à se servir de ces appuis et des moyens énormes dont elles disposent. Le font-elles avec le Covid-19 ? Conspirationnisme ! Qui Macron a-t-il invité, à la surprise de tous, à l’Elysée il y a peu ? Le patron de Blackrock il me semble… Qu’est Blackrock ? Sans doute la plus importante compagnie financière du moment, le plus grand gestionnaire d’actifs du monde, fonds de pension, assurances, services internet, industries des secteurs clés, services financiers, investissements. Si ça tourne mal en Europe, est-ce que Blackrock est intéressé ? Et comment ! Bon, si ça tourne vraiment mal pour tout le bloc occidental, on peut imaginer que vu sa clientèle et ses placements, la situation sera difficile pour lui également.

On peut revenir sur les « acquis sociaux » des peuples au fur et à mesure que ceux-ci perdent du pouvoir. Il sera bien difficile de revenir sur les « acquis sociaux » des banques, des militaires, des grandes entreprises, des Etats, une fois que ceux-ci les aurons mis en place, auront commencé à les apprécier, voire d’en faire les clés de leur système. Le retour arrière n’est pas prévu.

Déjà en place ?

Je les vois bien nous préparer une argumentation s’appuyant sur l’expérience de la Corée du Nord : « Vous voyez, en Corée du Nord, ils s’en sortent très bien sans confinement, juste avec une politique de prévention et de détection… et grâce à un système de traçabilité qui a permis de savoir dans la population qui était où, à quel moment, en contact avec qui, et que c’est grâce à ce système de surveillance que ce pays s’en sort si bien. Vous voulez moins de confinement ? Acceptez plus de surveillance ! » Je verrai sans surprise ce message poindre dans la bouche de nos experts, dans les « informations » de nos médias, puis dans le discours de nos politiciens.

En fait, quand j’écrivais ces quelques lignes qui précèdent, je n’étais même pas au courant. C’est déjà en route, sans la moindre information, et évidemment sans la moindre démocratie ! Les médias de masse en parlent à peine, ils nous disent juste que c’est « en marche » et ne font bien sûr aucun commentaire. Seuls quelques médias français, ceux dans lesquels il reste des journalistes qui pensent et qui ont des c… pour écrire, nous alertent : Marianne, le Canard Enchaîné…

En France, le projet StopCovid prévoit de retracer, de manière anonyme, tous les contacts sociaux entre les propriétaires de smartphone. Objectif : les prévenir qu’ils ont croisé un malade. Mais bien sûr, ce traçage systématique de nos déplacements va prendre du temps, on ne crée pas une telle application en quelques jours. Clairement, l’application ne sera prête que pour après le confinement, et probablement après la pandémie.

Clairement, l’objectif assigné ne peut pas être le bon. En tout cas, pas pour cette crise sanitaire. Pour la prochaine peut-être ? Mais une fois l’application en place, ce sera tellement pratique pour l’Etat afin de tracer tous les dissidents politiques, les écologistes, les altermondialistes, et pour les entreprises, pour savoir qui fréquente qui, qui peut représenter un quelconque risque pour l’entreprise.

Heureusement, le choix de technologie de ce projet (Bluetooth) pose sûrement plus de problèmes qu’il n’apporte de solution, à moins que notre gouvernement ne soit pas gêné d’enfermer monsieur « Buttle » au lieu monsieur « Tuttle » (allusion au film d’anticipation Brazil, de Terry Gilliam). Mais après tout, mieux vaut trop que pas assez si on veut être efficace.

Ce n’est pas le genre de projet que l’on entreprend à la légère, et une fois en place, ce n’est plus une solution dont on se débarrasse, surtout quand on se donne le prétexte d’une situation de crise, et qu’on se débrouille pour que cette situation de crise paraisse permanente aux yeux de la population.

Il ne semble pas y avoir une volonté du gouvernement de mettre en œuvre ce suivi sur le plus long terme mais des exemples d’autres pays nous ont montré que l’urgence pouvait devenir la norme.

Journal Marianne – 11 avril 2020 : StopCovid : de l’échec du dépistage massif du Covid-19 au pistage massif de la population

J’ai bien l’idée d’un nouveau projet pour stopper une maladie bien plus grave que le Covid, que je baptiserait volontiers StopMacron, mais notre président n’est que le représentant d’un système, et sitôt sa présidence terminée, ce système nous fournira un remplaçant, coulé dans le même moule, suivant la même politique. Il ne faut pas que Macron parte : il faut que nous arrêtions de porter au pouvoir des gens comme lui et réclamions un autre pouvoir politique. Au minimum, il faut que nous lui demandions des comptes et lui signifions notre volonté. Mais avons nous encore une quelconque volonté ? Plus d’un demi-siècle de télévision et de smartphone, c’est sûr que la volonté en prend un coup.

Bref, résumons : pour le moment, tout ce qui se passe actuellement suit exactement le scénario décrit par Naomi Klein dans sa stratégie du choc. Tout se passe comme avec les précédents chocs, et nous n’avons aucune raison pour penser qu’il y aura la moindre déviation par rapport à ce scénario. Nous ne pouvons qu’espérer en une réaction suffisante des scientifiques, des intellectuels, des associations militantes, des quelques politiciens qui encore des valeurs humanistes. Si nous regardons la réaction de la population, la cause est entendue, et le jour d’après sera bien triste. Avec toute la clairvoyance dont elle est aujourd’hui capable, elle pourrait bien élire son prochain dictateur, contrairement aux allemands qui n’ont jamais élu Hitler, contrairement à ce que l’on raconte parfois !

Ce qu’on apprend aujourd’hui sera utile demain

Je rajouterai ceci? Même si les mesures de confinement prennent fin, ce dont je ne doute pas, entre la répression policière (j’en ai été témoin et victime, alors que les décisions de confinement venaient de sortir, étaient encore largement floues et inconnues de la population) et l’obéissance de la population, cela aura été un apprentissage majeur pour nos dirigeants. La police peut-elle faire tout ce qu’on lui demande, même si c’est contre la population ? Suite à toutes les crises de ces dernières années (2008, Loi Travail, Nuit Debout, Gilets Jaunes…) et à la pandémie, la réponse est clairement OUI. La population peut-elle accepter sans broncher (à part quelques individus) n’importe quelle mesure que l’on prend dans ces situations de crises ? La réponse est massivement OUI.

Des institutions puissantes sont en train d’espérer que l’on puisse mettre en place un système généralisé légalisé de surveillance des déplacements individuels et des communications. On en parle de plus en plus. C’est grâce à cela que la Corée du Sud s’en sort si bien, presque pas malade ! Revenons à notre « lissage selon Hidalgo » : celui-ci n’aura peut-être pas l’effet escompté de lissage et donc au final de lutte contre l’épidémie. Mais il aura été l’occasion pour le pouvoir de se tester lui-même, de découvrir ce qu’il peut faire et quelles en sont les conséquences, comment la population réagit face aux mesures qu’on lui impose. Ou en l’occurrence, comment elle ne réagit pas, ce qui est très bon signe pour les prochaines décisions que l’on voudra prendre. Il n’y a plus qu’à attendre le bon choc !

Les déplacements des malades avant qu’ils ne soient testés positifs sont reconstitués au travers des images de vidéosurveillance, de l’utilisation de leur carte bancaire ou du bornage de leur smartphone, puis rendus publics. Des SMS sont même envoyés aux gens quand un nouveau cas est détecté près de chez eux ou de leur travail.

Vidéosurveillance, traçage des paiements et des smartphones, publication des cas de contamination, les secrets de la Corée du Nord. Un modèle à suivre, assurément !

Des lendemains qui chantent… mais pas l’Internationale !

Ne nous y trompons pas : les spécialistes de la santé nous promettent une telle pandémie tous les 5 ou 10 ans si nous ne changeons pas drastiquement notre vie économique, les catastrophes climatiques et écologiques se multiplient, ainsi que les conflits dans le monde. Et le pire est notre système bancaire, des plus malades et des plus fragiles. Il est possible que nous n’ayons même pas le temps de nous remettre de cette crise que la prochaine arrive. Rien que la sécheresse ! Celle-ci est déjà là en France alors que nous sommes en avril ! Nos agriculteurs pourraient ne pas se sentir très bien, et donc notre agriculture, et donc notre production : achèterons-nous alors des fruits et légumes venant de Wuhan, en Chine, histoire d’oublier la crise économique et agricole par une relance… de l’épidémie ?

La bannière du site collapsologie.fr
« Faciliter la recherche citoyenne et académique sur les
risques d’effondrement de la civilisation industrielle« 

Là, nous comprendrons ce qu’est une situation grave. Et là, les mesures prises seront d’envergure. Elles ne nous plairont pas. Nos politiciens savent maintenant que les forces de l’ordre sauront faire appliquer coûte que coûte leurs décisions, et que la réaction à craindre de la population sera des plus modérées : les peuples hébétés en seront à digérer en permanence les informations catastrophiques qu’on leur déverse, et à affronter les difficultés du quotidien. Là tout sera enfin possible ! La fin de nos pseudo-démocraties en particulier, ce régime que nos dirigeants apprennent dans leurs « grandes » écoles à contourner. Il n’y aura plus rien à contourner.

Nous pourrons enfin dire sans complexe qu’un régime royaliste, impérialiste, dictatorial, fasciste, est la solution à nos problèmes, regretter Louis XIV, Napoléon, Staline, Hitler, Mussolini, Franco, Mao… nos dirigeants et nos médias seront enfin d’accord ! Le voile sera tombé, un voile bien plus pernicieux que celui des femmes dans l’Islam !

Je connais déjà pas mal de mes collègues ou de mes voisins que nos démocraties corrompues actuellement on réussi à écœurer au plus haut point, et qui sont convaincus, les pauvres, eux qui n’ont jamais rien vécu de tel, que la solution est dans un régime non démocratique. Ils n’ont tellement aucune idée de ce que pourrait être un système démocratique, et quand ils l’entrevoient, on les a tellement convaincus que ce que cela impliquerait (notamment sur le plan humain et social) est impossible, qu’ils se retrouvent à penser ce à quoi les médias nous invitent chaque jour un peu plus.

« Mais il faudrait que ce soit un monarque  »éclairé » ». Et pourquoi pas un dictateur bienveillant ? Un bourreau compatissant ?

Cette idée gangrène de plus en plus les cerveaux en France (et pas seulement). Elle est bien plus dangereuse que le coronavirus, et très contagieuse, même si plus lentement, et on n’a pas non plus d’antidote efficace.

Vox populi…

Nous serions en démocratie si tout allait bien, mais comme tout va mal, nous sommes en dictature. Je m’y résignerait presque si au moins cette dictature était « éclairée » et nous permettait de régler correctement les principaux problèmes de l’humanité, à savoir :

  1. la mentalité : notre société actuelle est le reflet de notre mentalité (notre culture, nos habitus, nos motivations…) ; si nous ne changeons pas radicalement notre mentalité sur des points essentiels dont la plupart des gens n’ont pas idée, nous ne pourrons changer tout le reste, qui n’en est que la matérialisation ; si notre mentalité nous attache au système financier et économique actuel, nous n’irons pas loin
  2. le système financier (puisque c’est là que se situe aujourd’hui l’essentiel des pouvoirs qui influent sur l’économie et la politique)
  3. le système économique (sans réforme du système financier, pas de réelle réforme possible de l’économie)
  4. la démographie (autrement que par les catastrophes ou une politique de contrôle drastique avec tout ce que cela amènera d’eugénisme)

Mais un « dictateur éclairé » est un oxymore. Si on voit plus loin que ses intérêts personnels à court terme, si on envisage l’humanité, la vie et le monde à long terme, on ne peut plus asservir l’humanité à ses propres fins. Les candidats à la dictature semblent de plus en plus nombreux, en tout cas, ils sont de plus en plus nombreux à émettre sur la démocratie des avis tout simplement impossibles il y a 20 ans. Ils sont en même temps de moins en moins éclairés, de plus en plus asservis aux grands forces qui peuvent les porter au pouvoir et les y maintenir.

Je n’ai dans mon entourage que 2 personnes qui s’alarment de ce qui se passent. Elles sont très âgées, et ne s’inquiètent pas le moins du monde de l’épidémie ! Mais elles sont allemandes et ont vécu le nazisme. Quand elles voient nos hommes politiques actuels et particulièrement Macron, elles devinent le retour du cauchemar qu’elles ont connu, elles pressentent que c’est ce qui nous attend.

Et si je ne peux prouver qu’elles ont raison, je ne peux hélas trouver aucun argument pour leur donner tort et les rassurer !

Deux femmes âgées nous parlent…

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