A propos du blog et de son auteur

Un grand paquebot que presque tout le monde considère comme insubmersible vogue en pleine mer. Rien à voir avec le Titanic, c’est un ancien paquebot qui à traversé les époques. Mais les mers qu’ils doit désormais emprunter ainsi que les conditions de navigation ne sont pas celles auxquelles il était habitué et pour lesquelles il a été conçu.

Un des anciens marins, inspectant le navire, constate qu’il est mal en point : les machines risquent de tomber en panne ou d’exploser, il prend l’eau de plusieurs côtés à la fois, et des points de fragilité sont sur le point de rompre.

Il le sait, il connaît l’ingéniosité de ceux qui déjà depuis longtemps tentent de réparer tant bien que mal le navire, il connaît l’habileté des peintres et décorateurs qui déjà depuis longtemps savent masquer les signes d’usure ou de délabrement. Il sait que l’ingéniosité des uns ne pourra résoudre les nouveaux défis sans commune mesure avec ceux rencontrés par le passé. Il sait que l’habilité des autres ne pourra masquer les signes de plus en plus évidents de tout ce qui advient.

Il contacte tous ceux qu’il connaît, techniciens, scientifiques, experts… et tous sont d’accord avec lui, certains sont même plus alarmistes que lui. Sauf bien sûr ceux qui ont des intérêt dans la compagnie maritime qui possède le paquebot, quand ils ne sont pas rétribués directement par cette compagnie, et pour lesquels globalement tout va bien.

Il en parle à sa hiérarchie, il remonte même jusqu’au capitaine, mais à tous les niveaux, il rencontre la même attitude, faite de déni, de minimisation, de procrastination (vous savez, reporter à plus tard les choses qui sur le champ vous ennuient ?), de confiance aveugle et sourde fondée sur les années passées, de vains espoirs de solution basés sur de fausses informations (ou des informations mal comprises), voire de fatuité offensée : « Je suis responsable de cela, s’il y avait un problème, je le saurais ! Pour qui vous prenez-vous, simple marin ? »

Pire, il soupçonne que dans la hiérarchie, certains sont assez bien au courant, mais  ont un « plan B » pour s’en sortir eux, à l’insu, voire au dépend des autres, et notamment des passagers.

Il en parle donc aux passagers, il les alertes, mais il rencontre la même attitude d’incrédulité, les mêmes mauvais arguments, doublés d’une autre attitude : ces passagers sont issus d’une classe favorisée, ils vivent dans l’euphorie de leur petit confort depuis leur naissance, dans l’euphorie de la fantastique croisière qu’ils font, dans l’euphorie voulue par les animateurs du navire, quand ce n’est l’hébétude de l’alcool servi largement à bord. Il ne réussi qu’à passer  pour un rabat-joie et un trouble-fête.

Les quelques oreilles attentives qu’il rencontre à bord lui disent que de toute façon, si c’est vrai, c’est trop tard, que cela ne sert à rien, que les gens n’écoutent que ce qu’ils ont envie d’entendre, qu’ils sont incapables de changer.

Il réalise alors que le problème principal, ce n’est pas le navire. Ce ne sont pas non plus la mer difficile et les conditions de navigation. C’est encore moins le manque de ressources ou de compétences. Le problème est tout entier dans les êtres humains, dans le commandement du navire bien sûr en premier lieu, mais aussi dans tout l’équipage qui plus que complice, est acteur de l’aveuglement général, et dans les passagers dont il finit par se demander dans ses moments les plus sombres si l’indifférence et la passivité ne leur fait pas mériter la catastrophe.

 

Ce marin décide alors de créer un blog qu’il nomme « Libres Pensées », parce c’est quand même mieux que « On va tous crever ! » et surtout parce que rien n’est joué : le navire est encore à flot et il dispose de ressources colossales, il est encore des personnes de bonne volonté suffisamment conscientes pour savoir qu’il faut agir maintenant, suffisamment réalistes pour savoir que c’est possible, et suffisamment courageuses pour le faire. Et peut-être d’autres qui prendront conscience.

 

Bienvenu à bord !